Répétition mortifère
L’horreur des exactions commises par des terroristes mus par des idéologies politico-religieuses fanatiques telles que celles prônées par des organisations comme l’état islamique, Al Qaida, mais aussi le Hezbollah ou le Hamas, ne peut que nous plonger dans le désespoir… Les valeurs de l’humanisme issues du siècle des Lumières semblent si ingénues, si naïves lorsque l’on se trouve aux prises avec l’expression de la haine et de la barbarie. Freud, à l’aube de la plus terrible des répétitions mortifères, de l’extermination programmée des juifs, nous a livré des textes pertinents, sur la guerre, et sur le malaise de la civilisation, textes qui nous éclairent encore aujourd’hui.
Toutes les idéologies fanatiques ont pour trait commun la déshumanisation de leurs victimes mais aussi des sujets fanatiques eux-mêmes. Tout le travail de civilisation, qui avait contenu une telle pulsion de destruction de soi et des autres, se trouve mis en échec… Alors on ne peut que se demander quelles seraient les causes de cet échec et sur quel terreau ces idéologies prospèrent ?


Mais ce qui serait premier selon Freud, et où il a été extrêmement controversé, c’est cette force pulsionnelle visant notre anéantissement, contre laquelle nous oeuvrons sans cesse. La force de la vie serait une réaction à celle de la mort. La pulsion d’agressivité serait une expression de la pulsion de mort. Pourtant Françoise Dolto y voyait l’expression de la pulsion de vie, celle qui fait qu’on s’accroche, qu’on se bat et se débat, question de point de vue…
Chaque être humain est unique, un modèle original. De par son adn et son patrimoine génétique d’abord, on ne rencontre jamais deux êtres identiques sur terre, même s’agissant de jumeaux homozygotes.
L’essentiel est que les cures puissent se poursuivre, que les démarches juste entreprises ne soient pas coupées dans leur premier élan, et que de nouvelles demandes puissent être entendues.
Aucune loi scientifique, qu’elle soit biologique, physiologique, ou mathématique ne saura jamais rendre compte de l’intégralité de la vie humaine. A l’instar du cardinal Bellarmin qui, instruisant le procès de Galilée, admet l’héliocentrisme comme hypothèse et non comme vérité, la sagesse est de laisser place à l’immanence et au doute.
Que de tels média s’emparent eux aussi de l’anniversaire de la mort de Freud pour écrire sur la psychanalyse est en soi un petit « évènement ». Il signe que la psychanalyse, dont la rumeur de disparition va toujours croissant, est bien toujours vivante et sans doute, comme le souligne l’article de La Croix, fait-elle partie aujourd’hui de notre « inconscient » collectif.
instrument d’optique constitué de prismes et de lentilles permettant d’observer par-dessus un obstacle des objets inaccessibles à la vision directe, et particulièrement depuis un sous-marin.