Un Psy dans la ville
Unpsydanslaville

Société

Malaises contemporains, phénomènes sociaux, actualités sociales, qui interpellent le psychanalyste.



La vérité : y croit-on au nom de l’objectivité des faits, ou au nom de ses propres représentations du monde ? Car la vérité, concept impalpable, voire insaisissable, chacun s’en saisit pour lui donner sa propre définition.

L’être humain est à la recherche de preuves pour étayer sa conception de la vérité, et se rassembler avec ses semblables autour de visions, de pensées, de façons d’être, communes. L’imprécision, l’ignorance, le flou, nous inquiètent : nous les combattons et bien souvent, nous nous opposons au nom de vérités subjectives. La science nous permettrait de nous accorder autour de vérités objectives, cependant ces vérités-là, démontrées par la science, sont parfois mises en doute.

L’observation, que ce soit à partir de l’expérimentation, ou de la situation in vivo, est la méthode scientifique par excellence.

Lire la suite

Des hôpitaux psychiatriques sont en grève depuis plusieurs semaines maintenant. Des voix s’élèvent pour alerter les pouvoirs publics de l’état calamiteux dans lequel se trouve la psychiatrie : pas de moyens dans les hôpitaux, pénurie dans le secteur privé.

Qui connaît un peu la pratique hospitalière en psychiatrie ne peut qu’approuver cette alerte nécessaire et urgente tant la situation est dégradée. Cependant, au nom de quoi engager la lutte ? Au nom du manque de moyens, certainement. Au nom d’autres considérations qui relancent le vieux débat organiciste ? ce serait dommage.

Considérer la maladie mentale exclusivement comme une maladie somatique  peut laisser ..sans voix au 21èmesiècle. Énoncer que la psychiatrie doit rentrer dans le giron de la médecine et considérer la psychiatrie comme une médecine somatique avant tout est visiblement le credo à la fois de certains psychiatres[1]et du Ministère de la Santé.

Lire la suite

De l’attitude vertueuse qui consiste à sacrifier des satisfactions personnelles en vue d’une plus grande perfection à l’attitude mortifère qui consiste à sacrifier ce à quoi l’ont tient ou à ne plus le défendre, le renoncement a des ressorts contraires.

En psychanalyse, Freud fait de la civilisation le fait d’un renoncement aux pulsions agressives en échange d’une protection donnée par la société, le collectif. Quand la protection, pour certains, semble ne plus exister suffisamment, la tentation est grande de ne plus y renoncer. Nous le constatons au travers d’une violence qui se dit, se met en acte. Si la société n’est plus organisée pour permettre à tous de vivre dans un sentiment de sécurité suffisant les pulsions se déchaînent. Il est difficile de supporter de vivre avec ou près d’autres humains dont on est éloigné pour des raisons culturelles, cultuelles.

Lire la suite

L’actualité littéraire met au devant de la scène une figure historique du Mouvement de Libération de la Femme après mai 68 : Simone de Beauvoir.

femmes en mai 68

Au-delà de cette figure intellectuelle certaines militantes du MLF se questionnent aujourd’hui sur les après-coups de la libération sexuelle.

L’une d’elle, interviewée sur France Culture, a mis des mots sur ce qui a été refoulé et non dit : la libération sexuelle après Mai 68 a mis les jeunes femmes dans une nouvelle position aliénante : refuser un rapport sexuel devenait le signe d’une inhibition ridicule. Elles acceptaient les propositions sexuelles de peur d’être qualifiées de « coincées, pas modernes ». Maintenant que la sexualité ne comportait plus le risque d’une grossesse non souhaitée, pourquoi refuser ? Telle était la teneur des propos masculins dont cette femme témoignait.

Lire la suite

Lors d’un récent entretien télévisé, réunissant journalistes et homme politique, nous avons pu entendre des mots claquant comme des coups de poings, des phrases fusant comme des flèches : voilà en matière de parole, ou de discussion, ce qui tend à envahir la scène verbale publique. De débat, ces joutes oratoires n’ont plus que le nom, au profit de l’hégémonie d’un discours lapidaire, d’un parler fort, dans lequel il s’agit avant tout de donner de la voix, de gagner la bataille du bruit et d’avoir le dernier mot.

Débat – Théatre de l’Odéon – Mai 1968

Si encore il était question de bons mots, ou de mots d’esprits… mais non, de ces mots irrévérencieux, de ces mots creux, l’humour est trop souvent absent et ces batailles de mots se teintent d’une noirceur mortifère.

Le parler creux de certaines personnes publiques et médiatiques va de pair avec l’appauvrissement de la langue que nous avons déjà évoqué ici (Penser, Dire, Ecrire-Février 2017). Ces adeptes du slogan, du mot facile, ne prennent plus en considération leurs interlocuteurs qu’ils abrutissent en leur assénant des discours vides de sens. Les jugeraient-ils incapables de déchiffrer une idée ou de comprendre une problématique pour se dispenser ainsi de discours construits et élaborés ?

Lire la suite

L’actualité met de nouveau en lumière la problématique question de la pédophilie dans l’Eglise.

Pédophilie dans l’église

Elle est problématique sous bien des aspects : pour l’Eglise comme institution religieuse mais aussi parce qu’elle met les victimes de ces actes destructeurs face à une réalité insupportable : la prescription.
Qu’est ce que la prescription : une mesure d’ordre social qui consiste à décider que les actes délictueux ou criminels ne seront plus poursuivis au-delà d’un certain temps et en l’absence de plainte de la victime. Mesure d’ordre social car la société considère que le temps qui passe sans action de la victime justifie que la sanction ne soit plus justifiée.
Seuls les crimes commis contre l’humanité sont considérés comme imprescriptibles en raison de leur gravité et de la nécessité de les sanctionner quelque soit le temps passé. L’horreur est éternelle.
Ne pourrait on pas penser les crimes de pédophilie comme des crimes contre l’humanité ?

Lire la suite

Qui ne se souvient pas de cette impatience le matin du 25 décembre avant de découvrir les cadeaux sous le sapin que le Père Noël a déposé en passant par la cheminée ? Même s’il n’y a pas de cheminée..

Croire au Père Noël

Mais qui ne se souvient pas du moment où la réalité prend le pas sur l’illusion et de cette déception immense qu’il faut cacher parce qu’on est un grand ? La vérité s’impose un jour : Le Père Noël n’existe pas. C’est sans doute l’une des premières déceptions de la vie d’un enfant et qui en préfigure d’autres.

Lire la suite

Nous pouvons constater l’utilisation très fréquente de mots injurieux, haineux dans le langage courant, parfois accompagnés lorsque le message est écrit, d’un acronyme modérant le propos comme LOL ou MDR.

L’utilisation de mots, la création d’un nouveau vocabulaire dit quelque chose d’une époque.

Vincent Cassel dans « la haine » de Matthieu Kassovitz

Nous devrions nous méfier de la force des mots, du langage que nous utilisons. L’appauvrissement du vocabulaire à notre disposition appauvrit la pensée. L’utilisation courante d’un vocabulaire haineux, violent, sans nuances est le signe avant coureur d’un agir violent. La haine est un affect constitutif de l’être humain au même titre que l’amour mais succombe à un refoulement : c’est-à-dire une sorte d’oubli psychique consécutif du sentiment de culpabilité engendré par les conséquences prévisibles de la haine. La haine mise en mots est un signe d’une levée de ce refoulement.

Lire la suite

Témoigner d’actes de harcèlement moral, de violence sexuelle, d’abus de pouvoir, sur un réseau social a le grand mérite de mettre en lumière l’existence de ces pratiques intolérables, de permettre de prendre conscience de la réalité du phénomène et d’amorcer un processus de changement.

Tweeter n'est pas parler
Tweeter

Cependant, rendre compte en 160 caractères maximum d’actes et d’évènements dont la nature est pour le moins traumatique ne saurait suffire à remplir la fonction cathartique qui est justement de lever le traumatisme. Il n’est pas certain que la parole soit ainsi libérée.

Lire la suite

« Le temps qui passe » est celui qui nous permet de reconnaître que nous avons un passé, une histoire qui s’écrit, se dit. C’est cette perception qui nous autorise à nous projeter dans un avenir que nous aurions à construire. Au sortir de l’enfance, nous commençons à apercevoir que le temps existe et qu’il passe. L’enfant comprend qu’il est mortel. C’est un temps d’angoisse.

le temps qui passe
le temps qui passe

Nous vivons une époque où la temporalité s’est modifiée. Le passé importe peu, l’avenir est incertain ou anxiogène, seul le présent vaut pour ce qu’il est.

Or, la psychanalyse nous apprend que c’est grâce à notre appréhension du temps qui passe que nous pouvons commencer à nous raconter une histoire : notre histoire, par un retour sur nous-même.

A ne vivre que dans un présent, au jour le jour,

Lire la suite