Un Psy dans la ville
Unpsydanslaville

Société

Malaises contemporains, phénomènes sociaux, actualités sociales, qui interpellent le psychanalyste.



L’actualité littéraire met au devant de la scène une figure historique du Mouvement de Libération de la Femme après mai 68 : Simone de Beauvoir.

femmes en mai 68

Au-delà de cette figure intellectuelle certaines militantes du MLF se questionnent aujourd’hui sur les après-coups de la libération sexuelle.

L’une d’elle, interviewée sur France Culture, a mis des mots sur ce qui a été refoulé et non dit : la libération sexuelle après Mai 68 a mis les jeunes femmes dans une nouvelle position aliénante : refuser un rapport sexuel devenait le signe d’une inhibition ridicule. Elles acceptaient les propositions sexuelles de peur d’être qualifiées de « coincées, pas modernes ». Maintenant que la sexualité ne comportait plus le risque d’une grossesse non souhaitée, pourquoi refuser ? Telle était la teneur des propos masculins dont cette femme témoignait.

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Lors d’un récent entretien télévisé, réunissant journalistes et homme politique, nous avons pu entendre des mots claquant comme des coups de poings, des phrases fusant comme des flèches : voilà en matière de parole, ou de discussion, ce qui tend à envahir la scène verbale publique. De débat, ces joutes oratoires n’ont plus que le nom, au profit de l’hégémonie d’un discours lapidaire, d’un parler fort, dans lequel il s’agit avant tout de donner de la voix, de gagner la bataille du bruit et d’avoir le dernier mot.

Débat – Théatre de l’Odéon – Mai 1968

Si encore il était question de bons mots, ou de mots d’esprits… mais non, de ces mots irrévérencieux, de ces mots creux, l’humour est trop souvent absent et ces batailles de mots se teintent d’une noirceur mortifère.

Le parler creux de certaines personnes publiques et médiatiques va de pair avec l’appauvrissement de la langue que nous avons déjà évoqué ici (Penser, Dire, Ecrire-Février 2017). Ces adeptes du slogan, du mot facile, ne prennent plus en considération leurs interlocuteurs qu’ils abrutissent en leur assénant des discours vides de sens. Les jugeraient-ils incapables de déchiffrer une idée ou de comprendre une problématique pour se dispenser ainsi de discours construits et élaborés ?

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L’actualité met de nouveau en lumière la problématique question de la pédophilie dans l’Eglise.

Pédophilie dans l’église

Elle est problématique sous bien des aspects : pour l’Eglise comme institution religieuse mais aussi parce qu’elle met les victimes de ces actes destructeurs face à une réalité insupportable : la prescription.
Qu’est ce que la prescription : une mesure d’ordre social qui consiste à décider que les actes délictueux ou criminels ne seront plus poursuivis au-delà d’un certain temps et en l’absence de plainte de la victime. Mesure d’ordre social car la société considère que le temps qui passe sans action de la victime justifie que la sanction ne soit plus justifiée.
Seuls les crimes commis contre l’humanité sont considérés comme imprescriptibles en raison de leur gravité et de la nécessité de les sanctionner quelque soit le temps passé. L’horreur est éternelle.
Ne pourrait on pas penser les crimes de pédophilie comme des crimes contre l’humanité ?

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Qui ne se souvient pas de cette impatience le matin du 25 décembre avant de découvrir les cadeaux sous le sapin que le Père Noël a déposé en passant par la cheminée ? Même s’il n’y a pas de cheminée..

Croire au Père Noël

Mais qui ne se souvient pas du moment où la réalité prend le pas sur l’illusion et de cette déception immense qu’il faut cacher parce qu’on est un grand ? La vérité s’impose un jour : Le Père Noël n’existe pas. C’est sans doute l’une des premières déceptions de la vie d’un enfant et qui en préfigure d’autres.

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Nous pouvons constater l’utilisation très fréquente de mots injurieux, haineux dans le langage courant, parfois accompagnés lorsque le message est écrit, d’un acronyme modérant le propos comme LOL ou MDR.

L’utilisation de mots, la création d’un nouveau vocabulaire dit quelque chose d’une époque.

Vincent Cassel dans « la haine » de Matthieu Kassovitz

Nous devrions nous méfier de la force des mots, du langage que nous utilisons. L’appauvrissement du vocabulaire à notre disposition appauvrit la pensée. L’utilisation courante d’un vocabulaire haineux, violent, sans nuances est le signe avant coureur d’un agir violent. La haine est un affect constitutif de l’être humain au même titre que l’amour mais succombe à un refoulement : c’est-à-dire une sorte d’oubli psychique consécutif du sentiment de culpabilité engendré par les conséquences prévisibles de la haine. La haine mise en mots est un signe d’une levée de ce refoulement.

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Témoigner d’actes de harcèlement moral, de violence sexuelle, d’abus de pouvoir, sur un réseau social a le grand mérite de mettre en lumière l’existence de ces pratiques intolérables, de permettre de prendre conscience de la réalité du phénomène et d’amorcer un processus de changement.

Tweeter n'est pas parler
Tweeter

Cependant, rendre compte en 160 caractères maximum d’actes et d’évènements dont la nature est pour le moins traumatique ne saurait suffire à remplir la fonction cathartique qui est justement de lever le traumatisme. Il n’est pas certain que la parole soit ainsi libérée.

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« Le temps qui passe » est celui qui nous permet de reconnaître que nous avons un passé, une histoire qui s’écrit, se dit. C’est cette perception qui nous autorise à nous projeter dans un avenir que nous aurions à construire. Au sortir de l’enfance, nous commençons à apercevoir que le temps existe et qu’il passe. L’enfant comprend qu’il est mortel. C’est un temps d’angoisse.

le temps qui passe
le temps qui passe

Nous vivons une époque où la temporalité s’est modifiée. Le passé importe peu, l’avenir est incertain ou anxiogène, seul le présent vaut pour ce qu’il est.

Or, la psychanalyse nous apprend que c’est grâce à notre appréhension du temps qui passe que nous pouvons commencer à nous raconter une histoire : notre histoire, par un retour sur nous-même.

A ne vivre que dans un présent, au jour le jour,

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vous avez dit victime ?

Depuis son émergence, dans les années 1990/2000, le terme de pervers narcissique fait florès. Il est entré dans le langage courant, à tel point que cette épidémie est suspecte. Notre société ultra libérale et individualiste se caractérise par une inflation des pathologies narcissiques. Nous sommes passés d’un légitime souci de soi à une obsession de soi.

Le pervers narcissique est le nom du sujet contemporain obsédé de lui-même et pour qui l’autre n’est qu’un moyen pour arriver à une satisfaction de toute-puissance. Cette obsession narcissique se traduit par une objectivation de l’autre, une déshumanisation des liens. Il faut bien convenir que le contexte sociétal l’y invite. La mise en concurrence qui commence dès l’école pour certains, qui se poursuit dans le cadre de la recherche d’un emploi, qui persiste dans le monde du travail a des effets féroces sur le narcissisme de chacun. Non qu’il se renforce, tout au contraire : à force d’obsessions, de contraintes imposées sur le corps, l’esprit, le narcissisme se fragilise car jamais le sujet ne se sent à la hauteur de ce qu’il lui est imposé. Ce n’est plus un hyper narcissique mais un « hypo »narcissique.

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corde qui se brise

« Unpsydanslaville » s’est déplacé en février à Fès (Maroc) pour participer à un colloque international et interdisciplinaire intitulé « les nouveaux territoires de l’identité et la fabrication du radicalisme ». Ont ainsi été réunis des psychanalystes, des anthropologues, des théologiens, des sociologues qui ont pu apporter une pierre à la refléxion collective.

La rencontre du malaise des adolescents avec le malaise contemporain se traduit par une volonté, un besoin de rupture radicale. La rencontre de ces deux malaises est favorisée par des techniques très sophistiquées et efficaces d’enbrigadement. Mais la tentation de la rupture est une question qui déborde celle du radicalisme.

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Narcisse : jolie fleur de Printemps et mythe illustrant les errances du Narcissisme.

Le Docteur John D. Gardner, professeur de psychiatrie à l’Université John Hopkins, a lancé une pétition destinée aux professionnels de santé, visant la destitution de Donald Trump en raison de son état mental. Elle a aujourd’hui recueilli plus de 22000 signatures.

Le professeur John D. Gardner estime que Donald Trump souffre d’un trouble narcissique « malfaisant » caractérisé par un trouble de la personnalité antisocial et un caractère paranoïaque, syndrome décrit pour la première fois par Erich Fromm pour expliquer la psychologie d’Hitler. Il parlait alors d’ « agressivité maligne ». Trois professeurs de psychiatrie avaient déjà demandé à B.Obama de faire subir à Donald Trump une expertise psychiatrique fin 2016.

L’avènement de Donald Trump au sommet de l’Etat d’une des plus grandes puissances mondiales effraie par son impulsivité, son absence de limites dans l’expression et l’action.

Le docteur John D. Gardner pose un diagnostic. Chaque professionnel de la santé mentale peut bien s’exercer à décrypter au travers de ce qu’il voit où se situe Donald Trump : a-t-il perdu le contact avec la réalité (alternatives facts), est-il borderline (questions de frontières justement), est-il sujet à un trouble narcissique?

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