Un Psy dans la ville
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Féminin ou Masculin

A l’heure des interrogations sur l’identité sexuée, l’identité de genre, les transitions de genre, il nous semble nécessaire de revenir à ce que peuvent dire les théories psychanalytiques sur le masculin et le féminin. Cette distinction n’est pas donnée d’emblée pour un petit d’humain. Il n’y aura accès (ou pas) qu’au terme d’une lente évolution psychique, elle-même marquée par les différentes identifications qui façonneront son psychisme. Au travers de ces identifications, le social, la culture, l’environnement, sont bien présents.

C’est donc l’éducation, la culture, le social, qui confèrent à une personne son identité sexuelle au-delà de l’anatomie. La différence anatomique ne dit rien sur rien. La manière dont on s’identifie en tant qu’homme ou femme est indépendante de la réalité anatomique qui, elle, différencie les êtres vivants.

Si les psychanalystes peuvent parfaitement entendre que le masculin et le féminin sont des constructions sociales et psychiques, il est plus difficile de suivre les discours qui contestent la réalité d’un corps qui est soit garçon soit fille. En dehors des naissances hermaphrodites, la réalité du corps dit quelque chose d’une assignation incontournable à un sexe. Mais cela ne dit rien de plus. Il existe alors une singularité propre à chacun d’habiter psychiquement ce corps-là.

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Mères et filles

Les récents ouvrages de Camille Kouchner, Vanessa Springora et Virginie Linhart, en deçà des tempêtes médiatiques que certains ont soulevées, sont des livres qui interrogent, avant tout, la relation que ces filles-là ont établies avec avec leurs mères respectives. Ces mères en question ont été portées par les mouvements féministes des années 70, qu’elles en aient été actrices ou simples observatrices. Cette profonde transformation de la société ne pouvait être sans incidence sur la façon dont ces femmes ont pensé et mis en œuvre l’éducation de leurs enfants, en particulier de leurs filles. Mais que s’est-il passé pour conduire ces écrivaines à régler quelques comptes avec leur mère à travers leurs écrits ?

Les mères des trois autrices sont des femmes actives et admirées, elles sont brillantes, affranchies, virevoltantes, intelligentes. En plus elles sont accessibles, elles se comportent en copines avec leurs filles, elles effacent les distances, elles s’affranchissent du carcan de l’autorité et, dans la foulée, des pères. L’une d’elles rappelle une publicité des années 90 pour une marque de vêtement, jouant sur la confusion des images : qui était la mère, qui était la fille ? Dans le style, et dans l’image, les différences étaient abolies…

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Et l’évolution créa la femme

Notre pensée de psychanalystes se nourrit d’autres champs. La lecture du livre de Pascal Pick – Et l’évolution créa la femme-[i] vient percuter certaines mythologies freudiennes et nous permet d’enrichir et de faire évoluer notre pensée du monde contemporain. Avec la rigueur de la démarche scientifique l’auteur fait la démonstration que la coercition des femmes dans l’espèce humaine n’est en aucun cas un fait de nature, ou de biologie, mais un fait social, une donnée de notre civilisation. En l’occurrence, si l’humanité s’en donnait la peine, il pourrait en être tout autrement !

Force est de constater que l’espèce humaine est la seule espèce de mammifères dans laquelle les femelles subissent non seulement la domination mais aussi la violence des mâles à leur encontre. Qui plus est, dans les espèces animales qui nous sont les plus proches, celles des grands singes, la domination des femelles existe mais la violence envers elles n’est jamais poussée aussi loin que dans notre espèce dite homo sapiens. Et cela ne saurait être une fatalité. En effet il existe une espèce d’hominidés, les bonobos, qui vivent en sociétés égalitaires et non discriminantes d’un sexe sur l’autre.

Alors pourquoi, chez les humains, un tel clivage entre les deux sexes ? c’est la question que pose ce livre et à laquelle il tente de fournir des pistes et des hypothèses de réponses.

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Place au féminin

Le 10 avril dernier une quinzaine de femmes, écrivaines, scientifiques, philosophes, et autres, de différentes nationalités européennes, publiaient dans le journal Le Monde une tribune en forme de lettre ouverte aux gouvernants et gouvernements d’Europe. C’était un appel, ou plutôt une exigence, de laisser enfin la place à des valeurs de solidarité, de responsabilité partagée, et d’humanisme. Elles rappellent qu’il est indispensable de mettre la personne au centre de la vie publique, de faire en sorte que l’économie soit au service des personnes, et non l’inverse. « Il faut remettre d’urgence la personne humaine au centre du logiciel », nous dit la psychanalyste Julia Kristeva dans une interview sur une chaîne de télévision.

Verra-t-on enfin la revanche du Care,  c’est-à-dire d’une société de l’empathie, qui prenne en compte les autres, qui développe l’attention aux autres, non pas comme un énième produit marchand, ou un truc de dames patronnesses, mais comme un principe de vie ensemble.

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Le Féminin

Il semble qu’il y ait un mystère autour de ce que nous nommons « féminin ». Le féminin ne se résout pas à la féminité qui n’en serait que les attributs visibles. Il ne se résout pas non plus au sexe biologique, l’anatomie ne serait pas le destin …

Alors que recouvre ce terme : « féminin » ?

Le féminin n’est-il que le contraire du masculin ? ou sa complémentarité ? et surtout ne saurait-il se satisfaire que d’une définition empreinte de binarité ?

Depuis ses débuts, la psychanalyse a été pensée ainsi. Freud redécouvre dans les débuts du XX° siècle l’immanence de l’érotisme, il démontre et conclut que le développement psycho-affectif des enfants est de nature sexuelle et il utilise pour nommer cette nature sexuelle le terme de libido, (terme latin pouvant être traduit par besoin naturel, envie, appétence). Cependant, si Freud a l’intuition que la libido est de nature identique chez les filles et chez les garçons, il construit néanmoins sa théorie de la différenciation sexuelle sous la marque de la primauté du sexe masculin.

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Féminin

Un jour férié de ce mois de mai, les Femen mènent une action surprise en plein cœur de Paris pour rappeler que des femmes meurent assassinées, au seul motif d’être nées femmes.

Aux lendemains de #me-too, un spectacle à la Comédie Française vient nous rappeler à juste titre une époque, celles de nos adolescences, où avorter était un crime, et qu’enfreindre cette loi était passible de peines de prison. Alors que tout laissait croire que cette époque était résolument derrière nous, voilà l’avortement de nouveau interdit par des lois machistes et rétrogrades dans plusieurs états américains ! Les combats qui libérèrent il y a à peine 50 ans les femmes du joug patriarcal, pourraient bien être de nouveau d’actualité…

La pièce de Pauline Bureau « Hors la loi », écrite à partir des minutes du procès de Bobigny, dernier procès ayant condamné en 1972 et en France des femmes pour faits d’avortement, met en scène l’intimité bafouée, la vie gâchée, de toutes ces jeunes filles, jeunes femmes, qui n’avaient d’autre choix que de se résigner à une naissance non désirée, et à subir des lois décidées par les hommes. Le droit de vote avait été accordé aux femmes seulement 17 ans auparavant, à peine une génération !

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Questions sur le féminin

« Le féminin toujours en question » écrivions-nous il y a quelques semaines. Le féminin questionné fait le sujet d’une pièce de théâtre[1], écrite en 1870 par Villiers de l’Isle Adam, et jouée ce printemps sur une scène parisienne.Questions sur le féminin

Elisabeth, jeune femme bourgeoise, assiste efficacement son mari dans la gestion de ses affaires et de sa fortune, manifestement plus intelligente et douée que lui. Un soir, après avoir mis de l’ordre dans les comptes, elle lui annonce qu’elle s’en va. Elle veut vivre autrement, elle veut avoir du temps pour rêver, pour contempler, et sans doute aussi pour penser. Ainsi par sa révolte contre l’ordre bourgeois, masculin, capitaliste et consumériste, elle ouvre l’espace de l’intime, de l’idéal, du combat pour vivre par soi-même, exister comme sujet.

Cette héroïne n’est pas sans rappeler quelques autres,

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Libération sexuelle ? le féminin toujours en question

L’actualité littéraire met au devant de la scène une figure historique du Mouvement de Libération de la Femme après mai 68 : Simone de Beauvoir.

femmes en mai 68

Au-delà de cette figure intellectuelle certaines militantes du MLF se questionnent aujourd’hui sur les après-coups de la libération sexuelle.

L’une d’elle, interviewée sur France Culture, a mis des mots sur ce qui a été refoulé et non dit : la libération sexuelle après Mai 68 a mis les jeunes femmes dans une nouvelle position aliénante : refuser un rapport sexuel devenait le signe d’une inhibition ridicule. Elles acceptaient les propositions sexuelles de peur d’être qualifiées de « coincées, pas modernes ». Maintenant que la sexualité ne comportait plus le risque d’une grossesse non souhaitée, pourquoi refuser ? Telle était la teneur des propos masculins dont cette femme témoignait.

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