Un Psy dans la ville
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Quand les femmes disparaissent

Les Talibans au pouvoir ont comme première action « politique » de lacérer des affiches qui représentent des visages de femmes, puis ils leur interdisent de sortir de chez elles, seules, puis  les séparent des hommes à l’Université, puis…puis….

Mais que se cache-t-il donc derrière ces actes de répression ? De la haine ? De la peur ? Est-ce vraiment des femmes en elles-mêmes dont ils ont peur ? ne serait-ce pas plutot du désir qu’elles leur inspirent, qu’elles provoquent en eux ? Ces hommes-là, les Talibans et d’autres, fuiraient leurs propres désirs, leur pulsion de vie, ce qui préside aux plus hautes aspirations humaines comme l’art, la musique, la peinture… Naguère ils avaient détruit les Boudhas de Bamian…

Nous pouvons faire l’hypothèse que la peur de leur propre désir, avant tout charnel, pourrait les détourner d’un projet sacré, religieux. Dans un grand mouvement de confusion ils tentent de supprimer chez les femmes tout mouvement, tout signe, qui susciteraient ce désir.

Or, ce ne sont pas les femmes en elles-mêmes qui attisent leur désir, mais la force de la pulsion, celle qui les projettent vers les femmes en tant qu’objet de désir. C’est leur incapacité à sublimer qui les entraînent vers la destruction de ce qui pourrait les faire désirer. Tout être humain est traversé par une tension permanente entre pouvoir de création et pouvoir de destruction, le premier du côté du désir, le second du côté de la haine. Chez les Talibans la destructivité l’emporte, sans pour autant parvenir à supprimer la tension, remettant de ce fait toujours en jeu la haine.

De nos jours, on fait disparaitre les femmes sous des burqas, ou dans leurs maisons comme dans certaines contrées reculées d’Afrique. Au Moyen Age, l’inquisition les traquait, les emprisonnait, les brulait, au nom de Dieu et de la Religion.

Dans le film « Les sorcières d’Akelarre » (2020-en salle actuellement) le réalisateur saisit avec justesse la confusion d’un inquisiteur interrogeant de supposées sorcières. Ce ne sont que de jeunes paysannes libres de chanter et de danser. Leur vitalité suscite le désir des hommes, lequel est insupportable, en retour elles sont accusées et condamnées. Au nom de codes religieux, toute une confrérie d’hommes s’acharne, à travers la traque des jeunes femmes, à réprimer leur propre désir. L’accusation de sorcellerie n’en apparait que comme une gigantesque supercherie.

Alors pourquoi, aujourd’hui encore, comme sous l’Inquisition, fait-on disparaitre des femmes comme si cet acte allait empêcher le désir, anéantir la pulsion ? Pourquoi des hommes se sentiraient-ils en danger du fait de leur désir pour des femmes ?

Béatrice Dulck et Marie-pierre Sicard Devillard

 

Désir, féminin, haine

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