Un Psy dans la ville
Unpsydanslaville

penser



Désolation !

Un jeune homme plongé dans un coma profond à la suite d’un accident de la route a été l’objet d’une « expérience » récente. « Grâce » à la stimulation de son nerf vague pendant très d’un mois, situé au plus profond de son cerveau, il a réagi à ces impulsions électriques.
A la diffusion d’ une musique qu’il aimait, ses parents ont vu une larme couler de ses yeux.

larme et désolation
Larmes-Man Ray-1930

L’expérience a cessé au bout d’un mois et l’histoire ne dit pas ce qu’est devenu ce jeune homme. Sans doute a-t-il plongé de noveau dans un coma profond.
Que la recherche scientifique fasse des progrès énormes ne laisse aucun doute, que l’enthousiasme des découvertes et avancées incitent les chercheurs à procéder à des expérimentations est une bonne chose.

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« Le temps qui passe » est celui qui nous permet de reconnaître que nous avons un passé, une histoire qui s’écrit, se dit. C’est cette perception qui nous autorise à nous projeter dans un avenir que nous aurions à construire. Au sortir de l’enfance, nous commençons à apercevoir que le temps existe et qu’il passe. L’enfant comprend qu’il est mortel. C’est un temps d’angoisse.

le temps qui passe
le temps qui passe

Nous vivons une époque où la temporalité s’est modifiée. Le passé importe peu, l’avenir est incertain ou anxiogène, seul le présent vaut pour ce qu’il est.

Or, la psychanalyse nous apprend que c’est grâce à notre appréhension du temps qui passe que nous pouvons commencer à nous raconter une histoire : notre histoire, par un retour sur nous-même.

A ne vivre que dans un présent, au jour le jour,

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corde qui se brise

« Unpsydanslaville » s’est déplacé en février à Fès (Maroc) pour participer à un colloque international et interdisciplinaire intitulé « les nouveaux territoires de l’identité et la fabrication du radicalisme ». Ont ainsi été réunis des psychanalystes, des anthropologues, des théologiens, des sociologues qui ont pu apporter une pierre à la refléxion collective.

La rencontre du malaise des adolescents avec le malaise contemporain se traduit par une volonté, un besoin de rupture radicale. La rencontre de ces deux malaises est favorisée par des techniques très sophistiquées et efficaces d’enbrigadement. Mais la tentation de la rupture est une question qui déborde celle du radicalisme.

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Pour qu’un texte soit lu, il se doit d’être lisible, cela les auteurs le savent. Dans un blog «joyeusement propulsé par wordpress» -pour pasticher la formule consacrée- un article doit répondre à des critères de lisibilité ; et ces critères sont fixés par les algorithmes du logiciel et du réseau. La lisibilité n’est plus seulement une affaire d’écriture et d’auteur, mais une affaire de marketing, de business et de lois informatiques.

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Rodin, le penseur – Musée Rodin

Ce diktat de l’un des géants de l’internet nous interroge : nos écrits, nos textes, devraient donc être conçus dans une logique de consommation au même titre qu’une machine à laver, une croisière sous les tropiques ou un placement bancaire ! Ils devraient être écrits selon une langue calibrée et formatée, une langue qui uniformise et qui perd ses nuances.

Déjà le plus grand de l’internet impose sa langue, à partir d’un anglais réduit à un nombre compté de mots, d’expressions et de formules, duquel nuances et subtilités sont exclues, une langue qui serait universellement comprise.

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Sommes-nous en train de perdre notre faculté de langage ?

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Galets-mobiles_©_DenisDesailly

Le téléphone mobile, et particulièrement le Smartphone, s’est imposé en à peine plus d’une décennie comme un outil indispensable de notre quotidien. Nous voici affublés d’un outil qui vient comme une seconde identité, presque une prothèse tellement nous faisons corps avec. Et je m’interroge aujourd’hui sur l’évolution qu’il peut induire dans notre rapport à la parole.

Le nombre de textos échangés quotidiennement augmente proportionnellement au déclin du nombre de conversations téléphoniques ; et les applications de communication instantanées font florès. Ce sont des espaces d’une riche créativité qui ont vu se développer, le plus souvent sur le mode ludique, un nouveau vocabulaire, des inventions orthographiques, le tout ponctué d’émoticônes plus expressives les unes que les autres.

Mais c’est une erreur de penser qu’écrire à quelqu’un depuis un écran tactile revient à lui parler.

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Un événement dramatique a souvent pour conséquence un empêchement de penser. Dans la légende antique, la figure mythologique de la Gorgone a le pouvoir de changer en pierre ceux qui s’aventurent à la dévisager. Ce mythe est une métaphore de l’effroi qui pétrifie, et nombre d’expressions populaires désigneront la fixité du corps et de l’esprit qui survient à la suite d’une immense peur.

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Dreaming – Peinture – Agnès Desplaces

Lorsque la peur s’empare d’un groupe humain, d’une société, comme ce fut le cas après les attentats de novembre 2015, une certaine immobilité atteint le collectif, ralentissant les échanges, uniformisant les modes de réaction et de pensée. Le refuge dans une communauté d’affects et d’opinions créerait un sentiment de réparation de l’effraction causée par le drame et agirait comme une consolation. Devant l’effroi, l’impensable s’impose.

Or, il est indispensable de faire l’effort de sortir de ces réflexes consolateurs, et penser les évènements y compris les plus traumatiques pour se remettre en marche. Penser l’impensable est le signe de la force de la pulsion de vie.

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