Un Psy dans la ville
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adolescence



Théories du complot

Bien que nous vivions à une époque où jamais dans l’histoire de l’humanité l’accès à la connaissance, au savoir et à l’information n’a été aussi facile et ouvert à tous, les théories les plus contraires à l’état de nos connaissances font florès.
Comment se fait il que près de 20% de la population, dont une bonne part d’adolescents, croit à ces théories ?
Plusieurs hypothèses peuvent être posées :
La transmission des savoirs et des connaissances se fait depuis tout temps grâce, et au moyen, de la parole d’un autre dépositaire de l’autorité : le chef de tribu, le sage, les parents, les professeurs etc…
L’accès à un « savoir » désincarné via internet manque d’une composante essentielle à la transmission : le détenteur du savoir reconnu, l’auteur en chair et en os du discours. Il est alors possible que tous les discours se vaillent et qu’aucun ne soit digne de confiance. Autrement dit, il ne s’agit plus de se poser la question : qui croire ? Elle s’inverse en « que croire ?» ?

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« Le temps qui passe » est celui qui nous permet de reconnaître que nous avons un passé, une histoire qui s’écrit, se dit. C’est cette perception qui nous autorise à nous projeter dans un avenir que nous aurions à construire. Au sortir de l’enfance, nous commençons à apercevoir que le temps existe et qu’il passe. L’enfant comprend qu’il est mortel. C’est un temps d’angoisse.

le temps qui passe
le temps qui passe

Nous vivons une époque où la temporalité s’est modifiée. Le passé importe peu, l’avenir est incertain ou anxiogène, seul le présent vaut pour ce qu’il est.

Or, la psychanalyse nous apprend que c’est grâce à notre appréhension du temps qui passe que nous pouvons commencer à nous raconter une histoire : notre histoire, par un retour sur nous-même.

A ne vivre que dans un présent, au jour le jour,

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attention ..fragile
attention ..fragile

L’adolescence est une période de la vie faite d’incertitudes, de grandes déceptions, de frustrations, mais aussi d’exaltations, de grands combats, d’intransigeance ; pour les garçons comme pour les filles.

Cette période de la vie à notre époque s’allonge dans le temps et maintient ces jeunes dans une post-adolescence inconfortable. Certains, peu nombreux, sont attirés par les discours de Daesh et risquent de se fanatiser. A rebours des discours islamophobes, généralisants, Dounia Bouzar[1] insiste dans ses travaux pour dire que les jeunes dont elle s’occupe viennnent de tous les milieux sociaux et de toutes les origines.

Ces questions ne sont peut être pas suffisamment entendues, relayées.

Qu’est ce qui, dans le discours de Daesh, touche plus précisemment les adolescents et en particulier les adolescentes?

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Nous sommes intervenues le 7 avril dernier dans un collège sur le thème de la violence sur les réseaux sociaux. Nous avions été invitées par l’organisation « Respect Zone » dont l’objet est la lutte contre la cyberviolence.

Les organisateurs avaient choisi de faire intervenir un professeur de philosophie et des psychanalystes.

Nous pouvons faire deux constats :

  • La psychanalyse est une référence théorique pour la compréhension des mouvements propres à l’adolescence et à la haine.
  • La haine est « re-devenue » un sujet d’actualité et nous ne serons jamais trop nombreux à tenter de lui faire barrage.

L’enjeu a été de transmettre à des adolescents de classe de 3° un message explicite sur leurs difficultés : nous avons forgé ce message à partir notre connaissance théorico-clinique de la psychanalyse. A leurs applaudissements, nous avons entendu qu’il était passé.