Un Psy dans la ville
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Monsieur le Responsable Commercial,

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Casque de réalité virtuelle en action

J’ai bien reçu votre courrier m’informant que « les thérapies par exposition à la réalité virtuelle sont enfin accessibles aux professionnels de la santé mentale », courrier par lequel vous m’invitez à m’équiper pour 100 euros HT par mois d’un casque de réalité virtuelle « solution thérapeutique permettant d’exposer graduellement les patients face à leurs phobies, en les immergeant dans des environnements anxiogènes ».

J’ai été à la fois surprise et amusée de recevoir votre proposition qui se situe à l’exact opposé de mon approche thérapeutique.

Je reçois des personnes qui viennent me parler de leur difficulté à vivre. Cette difficulté peut en effet parfois prendre la forme d’une phobie ou d’une angoisse, ou les deux, mais pas toujours. La phobie ou l’angoisse sont en revanche toujours l’expression, la manifestation de cette difficulté, ce par quoi elle émerge.

Or, vous me proposez de répondre à la demande du patient, non pas en l’invitant à parler, mais en lui demandant d’enfiler un casque de réalité virtuelle. Je n’aurai ainsi

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Lorsqu’il n’y a pas de mot pour le dire, alors inventons le ?

C’est ce que fait une jeune organisation (www.nogynophobie.org) qui a pour objectif de sensibiliser l’opinion sur la place des femmes dans notre société et sur toutes les violences exercées contre elles.

« Gynophobie » tel est le mot inventé ou plus exactement retrouvé. Il existait mais n’est pas utilisé couramment.

Ce mot a pour mérite de s’appuyer sur la dimension de la phobie. Une phobie est une peur irrationnelle et démesurée d’un objet, d’une situation. Les mots de « machisme » de « misogynie » n’englobent pas ce sentiment de peur. Elle est pourtant bien au centre de beaucoup de comportements masculins et peut être aussi féminins.

Les êtres humains, bien que différenciés sur le plan sexuel, ont tous des caractéristiques plus ou moins prononcées de l’autre sexe.

Les femmes naissent dans un monde conçu et façonné par les hommes. Elles l’adoptent, l’intégrent mais perçoivent aussi un sentiment d’étrangeté comme le dit fort bien Julia Kristeva dans « le féminin et le sacré ». Ce sentiment d’étrangeté, ce vascillement de l’identité féminine, peut conduire à une compétition acharnée envers les hommes ou à une certaine dépression – les femmes sont ici, convaincues, de ne pas être « à la hauteur » – ou bien encore à une impression de « jouer le jeu », de faire comme si.

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