Un Psy dans la ville
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Psychanalyse

Actualité de la psychanalyse, psychanalyse actuelle mais aussi fondements de la psychanalyse, sont les thèmes qui alimentent cette rubrique.



Pour vivre, il faut pouvoir supporter un certain déséquilibre qui est inhérent à notre nature humaine.

Réjouissons-nous ! Nous pouvons espérer un malheur ordinaire en lieu et place d’un malheur plus handicapant. C’est le sens de cette citation de Lacan : « la vie ne veut pas guérir »[1]

C'est la vie !
C’est la vie !

Cessons de rêver à un état de zénitude absolu que rien ne viendrait briser. Aucune thérapie classique ou alternative n’est en mesure de vaincre (et c’est heureux) la cause même de notre malheur ordinaire. C’est ce qui fait le sel de la vie humaine et aussi le poivre !

Notre vie sur terre ne peut être un nirvâna car nous sommes dotés d’une conscience, d’un langage et d’un inconscient, fruit de leur articulation.

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Un évènement traumatique, quel que soit le moment de la vie où il se produit s’inscrit comme marque indélébile dans le corps et le psychisme de celui qu’il atteint. Même oublié, même lorsque le souvenir n’est pas présent à la conscience de l’intéressé, sa trace demeure malgré tout, l’événement traumatique continue d’agir dans le silence, et comme dans un éternel présent.

Fleurs – ©MPSD

Ainsi, comme nous l’écrivions dans notre précédent article, le temps psychique n’a que faire de la prescription : l’effacement du délit est impossible, ce qui a été vécu ne peut être annulé.

La trace du traumatisme peut faire de nous une victime à vie, position insupportable du point de vue de la vitalité. Rester cantonné dans ce statut comporte le risque de rester dans une position amoindrie et de ne pouvoir déployer toute l’énergie nécessaire à la vie. Car l’énergie va rester focalisée sur une volonté de maintenir dans l’oubli, d’éviter la réminiscence de la douleur vécue lors de l’événement en question.

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Un deuil c’est douloureux ! Oui bien sûr… Comment pourrait-il en être autrement ? Comment ne pas avoir mal lorsque quelqu’un qu’on aimait meurt ? Cet éprouvé douloureux qu’une personne ressent lorsqu’un de ses proches disparaît est avant tout « un savoir humain ». Etre endeuillé, et en souffrir, est le propre de l’homme.

Tenues de deuil – Belle époque

Freud nous rappelle, dans son article Deuil et mélancolie, que « le deuil est régulièrement la réaction à la perte d’une personne aimée…». En ce sens il n’est pas une maladie et nous savons bien qu’il sera surmonté après un laps de temps, qu’il est même nuisible de le perturber. Or, même si nous en connaissons les codes, le deuil ne peut manquer d’être inquiétant tant il présente des aspects sombres qui ressemblent à ceux de la mélancolie. La mort d’un proche, ou la perte de quelque chose d’important,

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La cure psychanalytique est une expérience de la parole, un lieu et un temps au cours desquels une personne vient mettre des mots sur ce qu’elle vit, mettre en mots ce qu’elle ressent. Ces mots tissent son histoire, lui permettent de se l’entendre dire, la comprendre… Et par cette expérience unique se reconnaît en celui qui parle, celui qui peut dire JE, le sujet. Elle en constitue sa singularité.

dire – © Ben

Celui, ou celle, qui a fait l’apprentissage de ce dire à la première personne, de sa parole singulière, saura penser les expériences de sa vie selon lui-même, trouver des réponses qui lui conviennent, appréhender des situations nouvelles sans crainte. Il aura accès à sa manière propre d’utiliser le langage.

Ce qui nous sert à dire les choses c’est le langage. Il est d’une certaine façon au service de notre parole, au service de notre pensée. Mais que se passe-t-il lorsque le langage prend le dessus,

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Les jeunes filles rêvent, lit-on dans les contes de fées, elles rêvent de robes somptueuses, elles rêvent de prince charmant, elles rêvent de danser dans leurs bras, et surtout elles rêvent d’amour, avec un grand A. Ce rêve amoureux qui viendrait défaire de toute peine et de tous tracas et rendrait la vie idéale, reste tenace dans les imaginaires, même s’il prend des formes plus adaptées aux modes du temps.

l'idéalisation n'est pas la vie
Rêverie

De jeunes femmes rêveuses, les exemples abondent. Prenons Emma. Avant qu’elle ne s’appelle Bovary. Elle avait perdu sa mère très jeune et son père, ne pouvant l’élever seul, l’avait confiée aux Ursulines. Tout au long de son séjour au couvent, elle se réfugie dans des rêveries,

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Si l’on n’y prête qu’une oreille distraite, sublimer renvoie à l’inaccessible, l’inatteignable, et il serait plutôt question de rêve et d’idéal que d’art de vivre au quotidien.

Et pourtant ! Du sublime, plus exactement de sublimation, la psychanalyse a quelque chose à en dire.

Fra Angelico – Annonciation – Musée San Marco, Florence

La sublimation est d’abord un terme de physicien, lequel désigne le passage d’un corps de l’état solide à l’état gazeux. En matière psychique, de quelle transformation peut-il être question ? De matérialité à immatérialité, justement. Car l’esprit humain est d’abord organique, plus exactement il s’origine dans de l’organique. S’il n’y avait pas de corps, il n’y aurait pas d’esprit.

Au début, dans le corps humain,

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L’association des concepts de perversion et de narcissisme, conçue à l’origine pour penser une forme psychopathologique désignée sous le vocable pluriel de « perversions narcissiques », s’est sensiblement vulgarisée au cours des dernières années. Jusqu’à la création d’une entité indépendante en elle-même, connue comme le loup blanc : le « pervers narcissique ».

narcissisme
Narcisse – Le Caravage

Ainsi un concept devant permettre de repérer un syndrome psychique, s’est quasiment transformé en personnage dont le portrait robot s’aligne dans les pages des moteurs de recherche. Ce « pervers narcissique » fait l’objet de blogs, de livres et d’articles de magasine, il serait embusqué dans les couloirs des entreprises, les coulisses des sociétés, et jusque dans l’intimité des alcôves. Mais que recouvrent ces deux notions familières du champ lexical de la psychanalyse et de la psychiatrie ?

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Notre corps est notre lieu de résidence … terrestre.

Dans la représentation dualiste de la vie humaine, la personne est séparée en deux parties : le corps, et l’esprit. L’essentiel est l’esprit, le corps n’étant qu’un lieu de passage. Dans la religion chrétienne, adossée à ce principe dualiste, la vie sur terre est considérée comme une transition au cours de

corps
René Magritte – The Pilgrim

laquelle le corps humain souffre en attendant la mort, laquelle contient la promesse de rencontrer un idéal. La vraie vie serait ailleurs, dans un au-delà beau et parfait à l’image de la représentation divine.

L’esprit de l’homme européen, judéo chrétien, est fortement structuré par la force de cette conception de la vie. Bien que l’idéal divin soit devenu caduc, et que la pratique religieuse se soit considérablement affaiblie, il est probable qu’un modèle idéal, issu du modèle divin, continue de structurer nos perceptions, de nous mettre en tension. Or la place de ce modèle, jadis extérieure, voire extra-extérieure, a basculé en interne, l’idéal est en soi. Ainsi, chirurgie esthétique, diététique, pratiques corporelles seraient les formes modernes de rédemption dans la souffrance ou la discipline de soi, comme si le corps devenait un nouvel objet de religion, en vue d’atteindre une représentation idéalisée de lui-même.

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En décembre 2016, l’actualité législative française a été marquée par un étrange débat: une résolution visant à interdire la psychanalyse dans le soin des enfants autistes était soumise à l’Assemblée Nationale.

Paula Modersohn-Becker, Mädchenbildnis, 1905
Paula Modersohn-Becker, Mädchenbildnis, 1905

L’autisme est une pathologie extrêmement complexe qui prend autant de formes différentes que de personnes atteintes, et le handicap qui y est souvent associé en dépend.  Ce qui caractérise toujours  la personne autiste ou « avec autisme » est un trouble de la présence et de la relation: elle ne parvient pas à s’identifier à l’autre ni à se voir dans la relation avec les autres. Les degrés de ce trouble varient et l’interaction avec une personne autiste est plus ou moins possible, mais toujours étrange.

Depuis plusieurs décennies, les recherches tant sur la compréhension des origines de l’autisme que sur les modes de soin et d’accompagnement se multiplient et se complètent. L’incompréhension qui demeure nécessite la plus grande humilité, et à complexité de pathologie doit répondre souplesse et complexité de soin. Le pronostic dans la prise en charge des personnes avec

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Il y a deux façons de mentir : mentir par omission c’est-à-dire ne pas dire ce que l’on sait d’un fait qui concerne l’autre, et mentir par déformation, en déformant délibérément la réalité pour ne pas dire ce que l’on sait. Les deux formes sont proches et se croisent puisque pour ne pas dire ce qu’il sait, le menteur est bien souvent amené à déformer la vérité.

Dans les deux cas, mentir a à voir avec le fait de dire.

Il existe de nombreuses sortes de mensonges, dont ceux que l’on pourrait nommer « fondateurs » en ce qu’ils ont trait aux événements fondateurs d’une vie : la filiation, la naissance, la mort, les liens de sang, ces moments qui engagent le corps, ces temps forts d’une vie où le psychique se noue à sa charpente corporelle.

Ces mensonges cachent une vérité fondamentale à celui qui est trompé, une vérité qui touche aux fondements de son être.

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