Un Psy dans la ville
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Créativité

La créativité, selon Winnicott, est ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue, au sens de ce qui œuvre à faire de sa vie, pour chacun d’entre nous, une création, de ce qui pousse à inventer des manières d’être et de faire.

Chaque être humain est unique, un modèle original. De par son adn et son patrimoine génétique d’abord, on ne rencontre jamais deux êtres identiques sur terre, même s’agissant de jumeaux homozygotes.

Et de par son histoire individuelle ensuite : au sein d’une seule famille, même nombreuse, chaque personne crée sa propre personnalité en fonction du rapport singulier qu’elle entretient avec son environnement. C’est de cette créativité-là dont parle Winnicott : il ne s’agit pas tant de produire des grandes oeuvres destinées à la postérité, mais de vivre au quotidien en s’efforçant d’y trouver de l’agrément.

Bon, ce n’est pas toujours facile ! parfois les aléas de l’existence sont indépassables et nous contraignent à survivre. Mais ne peut-on envisager justement ce principe de survie, comme un mouvement même de la vie, qui tend le plus souvent possible à avoir le dernier mot.

La psychanalyse pense que la nature humaine est régie par une pulsion de vie toujours à l’œuvre. Seule la mort l’arrête. Mais elle fait aussi l’hypothèse de l’existence d’une pulsion de mort et quand, malheureusement, cette pulsion prend le dessus, se produisent chaos et néant chez les humains.

En revanche, rien ne nous empêche de penser, avec Winnicott, que la pulsion de vie est la plus forte, et que c’est elle qui nous pousse à inventer pour contrer la pulsion de mort. Nous l’écrivions il y a quelques semaines : ce mouvement de résistance au confinement qui fait inventer des stratagèmes, des échappatoires, est un mouvement de vie.

On invente, tout le temps, partout, pour survivre, et pour vivre !

On invente parce que l’on manque. Dès la naissance, l’être humain, immature, est en manque de l’environnement utérin qui lui assurait une satisfaction intégrale. Un peu comme s’il naissait orphelin d’une mère originelle. Et pour pallier à son sentiment de manque, il lui faudra apprendre la séparation et l’autonomie. Et être créatif de, et dans, sa vie. A toujours regretter, le risque est de plonger dans l’amertume et le ressentiment, et de tourner en rond. Pour l’éviter, nous sommes appelés à créer. Parfois avec la seule énergie du désespoir.

Et si c’était cela qui valait le coup plus que tout ?

La créativité dans la vie de tous les jours, les gestes qui (ré)enchantent le quotidien, qui permettent de ne pas se soumettre aux normes et aux modes, sont autant d’expressions du mouvement de vitalité qui habite chacun de nous. Dans notre actualité morose et contrariée, faisons de Noël une fête !

Marie-pierre Sicard Devillard

 

créativité, pulsions

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