Un Psy dans la ville
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Théories du complot

Bien que nous vivions à une époque où jamais dans l’histoire de l’humanité l’accès à la connaissance, au savoir et à l’information n’a été aussi facile et ouvert à tous, les théories les plus contraires à l’état de nos connaissances font florès.
Comment se fait il que près de 20% de la population, dont une bonne part d’adolescents, croit à ces théories ?
Plusieurs hypothèses peuvent être posées :
La transmission des savoirs et des connaissances se fait depuis tout temps grâce, et au moyen, de la parole d’un autre dépositaire de l’autorité : le chef de tribu, le sage, les parents, les professeurs etc…
L’accès à un « savoir » désincarné via internet manque d’une composante essentielle à la transmission : le détenteur du savoir reconnu, l’auteur en chair et en os du discours. Il est alors possible que tous les discours se vaillent et qu’aucun ne soit digne de confiance. Autrement dit, il ne s’agit plus de se poser la question : qui croire ? Elle s’inverse en « que croire ?» ?

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L’association des concepts de perversion et de narcissisme, conçue à l’origine pour penser une forme psychopathologique désignée sous le vocable pluriel de « perversions narcissiques », s’est sensiblement vulgarisée au cours des dernières années. Jusqu’à la création d’une entité indépendante en elle-même, connue comme le loup blanc : le « pervers narcissique ».

narcissisme
Narcisse – Le Caravage

Ainsi un concept devant permettre de repérer un syndrome psychique, s’est quasiment transformé en personnage dont le portrait robot s’aligne dans les pages des moteurs de recherche. Ce « pervers narcissique » fait l’objet de blogs, de livres et d’articles de magasine, il serait embusqué dans les couloirs des entreprises, les coulisses des sociétés, et jusque dans l’intimité des alcôves. Mais que recouvrent ces deux notions familières du champ lexical de la psychanalyse et de la psychiatrie ?

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Monsieur le Responsable Commercial,

virtuelophobie
Casque de réalité virtuelle en action

J’ai bien reçu votre courrier m’informant que « les thérapies par exposition à la réalité virtuelle sont enfin accessibles aux professionnels de la santé mentale », courrier par lequel vous m’invitez à m’équiper pour 100 euros HT par mois d’un casque de réalité virtuelle « solution thérapeutique permettant d’exposer graduellement les patients face à leurs phobies, en les immergeant dans des environnements anxiogènes ».

J’ai été à la fois surprise et amusée de recevoir votre proposition qui se situe à l’exact opposé de mon approche thérapeutique.

Je reçois des personnes qui viennent me parler de leur difficulté à vivre. Cette difficulté peut en effet parfois prendre la forme d’une phobie ou d’une angoisse, ou les deux, mais pas toujours. La phobie ou l’angoisse sont en revanche toujours l’expression, la manifestation de cette difficulté, ce par quoi elle émerge.

Or, vous me proposez de répondre à la demande du patient, non pas en l’invitant à parler, mais en lui demandant d’enfiler un casque de réalité virtuelle. Je n’aurai ainsi

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