Le consentement
Dans notre précédent article nous nous interrogions sur des relations entre mères et filles dans le sillage du mouvement de « libération sexuelle » des années 1970. De cette interrogation, il nous apparaissait que la sexualité est restée prise dans un discours et une forme de domination masculines.
Le dernier livre de la psychanalyste Clotilde Leguil « Céder n’est pas consentir »[1] nous accompagne plus avant dans l’exploration de cette question.
Ce n’est que récemment, grâce en partie au phénomène #meetoo, que la place des femmes dans la société est de nouveau interrogée en profondeur.
Avant ce qu’il est convenu d’appeler «la libération sexuelle», les femmes étaient assignées à une place majoritairement maternante et domestique, confinées à la maison. Elles ont acquis le droit fondamental de vivre et travailler comme elles l’entendent, du fait en partie de ce progrès incontestable que constitue la maitrise de la procréation. Pour autant, être à même de décider du moment de la grossesse va-t-il de pair avec un consentement « éclairé » à tous les rapports sexuels ?

Cette profonde transformation de la société ne pouvait être sans incidence sur la façon dont ces femmes ont pensé et mis en œuvre l’éducation de leurs enfants, en particulier de leurs filles. Mais que s’est-il passé pour conduire ces écrivaines à régler quelques comptes avec leur mère à travers leurs écrits ?
Et pourquoi n’aurions-nous pas notre mot à dire, nous saisir de ce phénomène qui rencontre à bon escient le projet même de notre blog : rendre la psychanalyse accessible au plus grand nombre, même si nous n’avons pas choisi ici la fiction pour le faire. Mais, justement la possibilité de nous adosser aux évènements sociaux qui font notre époque et notre actualité, pour rendre compte selon nous de ce que la psychanalyse permet et de ce qu’une oreille de psychanalyste est à même d’entendre.
Ces théories complotistes mettent à mal le lien aux autres et modifient ainsi la manière d’être au monde de beaucoup de personnes. Les théories du complot somment de ne pas faire confiance. Mais ne pas avoir confiance et ne pas faire confiance aux autres, à la science, à l’assurance que nos pieds seront bien portés par le sol qui nous soutient, que la terre est ronde et tourne autour du soleil, met le sujet aux prises avec une incertitude généralisée concernant son appréhension de la réalité.
L’essentiel est que les cures puissent se poursuivre, que les démarches juste entreprises ne soient pas coupées dans leur premier élan, et que de nouvelles demandes puissent être entendues.
Les conséquences de cette limitation du lien sont encore insoupçonnées, mais il est à craindre une recrudescence de manifestations d’agressivité…et de dépression.
L’interruption
On entend très fort ce qui fait du bruit, et pas forcément du sens. Ce qui se chuchote, se murmure ou se glisse dans les silences et les non-dits de la parole, devient particulièrement inaudible.
Elles rappellent qu’il est indispensable de mettre la personne au centre de la vie publique, de faire en sorte que l’économie soit au service des personnes, et non l’inverse. « Il faut remettre d’urgence la personne humaine au centre du logiciel », nous dit la psychanalyste Julia Kristeva dans une interview sur une chaîne de télévision.