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Narcisse

Narcisse : jolie fleur de Printemps et mythe illustrant les errances du Narcissisme.

Le Docteur John D. Gardner, professeur de psychiatrie à l’Université John Hopkins, a lancé une pétition destinée aux professionnels de santé, visant la destitution de Donald Trump en raison de son état mental. Elle a aujourd’hui recueilli plus de 22000 signatures.

Le professeur John D. Gardner estime que Donald Trump souffre d’un trouble narcissique « malfaisant » caractérisé par un trouble de la personnalité antisocial et un caractère paranoïaque, syndrome décrit pour la première fois par Erich Fromm pour expliquer la psychologie d’Hitler. Il parlait alors d’ « agressivité maligne ». Trois professeurs de psychiatrie avaient déjà demandé à B.Obama de faire subir à Donald Trump une expertise psychiatrique fin 2016.

L’avènement de Donald Trump au sommet de l’Etat d’une des plus grandes puissances mondiales effraie par son impulsivité, son absence de limites dans l’expression et l’action.

Le docteur John D. Gardner pose un diagnostic. Chaque professionnel de la santé mentale peut bien s’exercer à décrypter au travers de ce qu’il voit où se situe Donald Trump : a-t-il perdu le contact avec la réalité (alternatives facts), est-il borderline (questions de frontières justement), est-il sujet à un trouble narcissique?

Il est difficile de poser un diagnostic mais la personnalité de Trump est symptomatique de notre société, laquelle n’a de cesse de valoriser l’individualisme qui a paradoxalement pour conséquence une quête de réassurance narcissique. Il nous faut être aujourd’hui beaux, sportifs, conquérants, compétiteurs, survoltés, nomades. Le tout étant mesuré, évalué par des montres ou objets connectés qui nous diront au jour le jour nos progrès et l’état de notre santé.

Mais la réalité subjective nous fait sentir que nous sommes toujours en deçà de nos objectifs de toute puissance et de maîtrise mis au service d’un narcissisme fragile: sauf Donald Trump …

Le narcissisme n’est pas une pathologie. Il est même le fondement d’une vie psychique équilibrée. Cet amour de soi bien compris est ce qui favorise l’amour de l’autre.

Un narcissisme défaillant peut engendrer deux types de troubles : une mésestime de soi qui peut se traduire par différents symptômes comme de l’angoisse, des affects dépressifs, des difficultés relationnelles etc…. L’autre ne m’aime pas puisque je ne suis pas aimable. L’individualisme exacerbé dans nos sociétés mis au service d’un narcissisme fragile engendre un écart toujours plus grand entre les impératifs   (sportifs, beaux, minces, compétiteur, winner..) et la réalité subjective. Il y a une tension permanente et excessive entre les injonctions d’un individualisme associé à un prétendu souci de soi et un narcissisme qui se fragilise à force d’avoir la sensation de ne pas être à la hauteur.

Une surestimation de soi engendre une idée d’un soi grandiose, un manque d’empathie pour les autres, un autoritarisme sans limite, des idées teintées de paranoïa (si tu n’es pas avec moi, tu es contre moi). Je n’aime pas l’autre qui ne peut être à la hauteur de mon génie. C’est le mythe de Narcisse, fleur jaune comme les cheveux de Trump ?

L’agressivité est présente dans tous les cas : du narcissisme constitutif non pathologique aux deux formes de troubles du narcissisme. L’agressivité a donc, elle aussi, deux visages : une agressivité portée par la pulsion de destruction et une agressivité au service de la préservation de la vie.Tout est affaire d’équilibre, de mesure, de tempérance dans l’usage d’une force aux deux visages. Certains hommes (ou femmes) de pouvoir semblent en manquer cruellement.

L’agressivité destructrice n’est plus refoulée, il est de bon ton aujourd’hui de l’exprimer de manière «décomplexée ». Etre décomplexé de son agressivité est l’expression du barrage de la culture qui cède laissant s’écouler le torrent vigoureux de la haine.

A la grâce de Dieu !

Béatrice Dulck

 

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Commentaires (3)

    • La question reste à savoir contre quoi mener le combat. Contre le narcissisme c’est impossible. Mais pour l’éducation, la responsabilité citoyenne, la vigilance, OUI. C’est là une affaire de politique, au sens premier du terme. Unpsydanslaville

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