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Libération sexuelle ? le féminin toujours en question

L’actualité littéraire met au devant de la scène une figure historique du Mouvement de Libération de la Femme après mai 68 : Simone de Beauvoir.

femmes en mai 68

Au-delà de cette figure intellectuelle certaines militantes du MLF se questionnent aujourd’hui sur les après-coups de la libération sexuelle.

L’une d’elle, interviewée sur France Culture, a mis des mots sur ce qui a été refoulé et non dit : la libération sexuelle après Mai 68 a mis les jeunes femmes dans une nouvelle position aliénante : refuser un rapport sexuel devenait le signe d’une inhibition ridicule. Elles acceptaient les propositions sexuelles de peur d’être qualifiées de « coincées, pas modernes ». Maintenant que la sexualité ne comportait plus le risque d’une grossesse non souhaitée, pourquoi refuser ? Telle était la teneur des propos masculins dont cette femme témoignait.

Finalement, la femme se trouve toujours aux prises avec la même difficulté : savoir ce qu’il en est de son désir. L’homme n’est pas exempt de cette question mais elle se pose différemment, question que la libération des mœurs n’a pas résolue, voire a  amplifiée. La première difficulté pour la femme est de savoir ce qu’elle veut, puis dans un second temps réussir à faire entendre ce qu’elle veut ou ce qu’elle ne veut pas.

Nous sommes aujourd’hui toujours confrontés à ces questions : la libération des mœurs qui permet une sexualité hors mariage et hors risque de grossesse a pour conséquence de mettre au premier plan les interrogations fondamentales  que les femmes se posent quant à ce qu’elles désirent ou pas.

Elle interroge la place de la femme et de l’homme dans la société et dans leur propre psychisme.

Cette question peut paraître abyssale pour certaines jeunes filles., telles ces adolescentes qui se maltraitent en accumulant les histoires d’une nuit qui les laissent insatisfaites et profondément perdues. D’autres, plus rarement, vont avoir recours aux sirènes de discours archaïques qui leur promettent qu’elles ne seront plus jamais face à ces dilemmes existentiels : ces discours les dispensent de se poser la question du féminin en les faisant devenir mères de lionceaux du pays de Sham.

La libération sexuelle est une chance mais aussi une exigence. Elle pose sans cesse la question que Freud se posait en admettant ne pas savoir y répondre « Que veut une femme ? ».

Béatrice Dulck

 

 

 

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