Mentir

Il y a deux façons de mentir : mentir par omission c’est-à-dire ne pas dire ce que l’on sait d’un fait qui concerne l’autre, et mentir par déformation, en déformant délibérément la réalité pour ne pas dire ce que l’on sait. Les deux formes sont proches et se croisent puisque pour ne pas dire ce qu’il sait, le menteur est bien souvent amené à déformer la vérité.

Dans les deux cas, mentir a à voir avec le fait de dire.

Il existe de nombreuses sortes de mensonges, dont ceux que l’on pourrait nommer « fondateurs » en ce qu’ils ont trait aux événements fondateurs d’une vie : la filiation, la naissance, la mort, les liens de sang, ces moments qui engagent le corps, ces temps forts d’une vie où le psychique se noue à sa charpente corporelle.

Ces mensonges cachent une vérité fondamentale à celui qui est trompé, une vérité qui touche aux fondements de son être. (suite…)

Adolescente en questions
attention ..fragile

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L’adolescence est une période de la vie faite d’incertitudes, de grandes déceptions, de frustrations, mais aussi d’exaltations, de grands combats, d’intransigeance ; pour les garçons comme pour les filles.

Cette période de la vie à notre époque s’allonge dans le temps et maintient ces jeunes dans une post-adolescence inconfortable. Certains, peu nombreux, sont attirés par les discours de Daesh et risquent de se fanatiser. A rebours des discours islamophobes, généralisants, Dounia Bouzar[1] insiste dans ses travaux pour dire que les jeunes dont elle s’occupe viennnent de tous les milieux sociaux et de toutes les origines.

Ces questions ne sont peut être pas suffisamment entendues, relayées.

Qu’est ce qui, dans le discours de Daesh, touche plus précisemment les adolescents et en particulier les adolescentes? (suite…)

Cécités

La singularité du film de Gianfranco Rosi, « Fuocoammare, par-delà Lampedusa », consiste en sa dichotomie entre d’une part la vie quotidienne de Samuele, un garçon de douze ans habitant de Lampedusa, et d’autre part le sort des migrants repêchés au large de l’île dans une situation d’extrême urgence.

cécités

Clair de lune – 2016 © MPSD

Tandis que Samuele vit sa vie d’enfant, avec une nette prédilection pour les jeux terrestres, les migrants affluent. Nous est donné à voir jusqu’à l’intolérable : la cale d’une embarcation de fortune remplie de quarante cadavres, véritable charnier flottant. Nous sont donnés à entendre les récits des survivants qui décrivent un voyage jusqu’au bout de la souffrance. On assiste à leur dévastation, ainsi qu’à celle du médecin contraint dans l’exercice de ses fonctions d’aller récupérer les morts, voire de découper des morceaux de corps – « parce que c’est utile, alors il faut le faire, même si c’est une ultime marque d’irrespect. »

A l’opposé de ces destins tragiques, la vie ordinaire de Samuele. Jusqu’au jour où ce dernier est diagnostiqué amblyope : il a un œil paresseux, ce qui (suite…)