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Un Psy dans la ville
Unpsydanslaville

Unpsydanslaville

Le blog unpsydanslaville est le projet de deux psychanalystes qui souhaitent partager auprès d’un large public, une dimension actuelle et vivante de la psychanalyse.

En nous saisissant d’interrogations soulevées par les évolutions du monde contemporain, au travers de faits sociaux, culturels, politiques… et en prenant appui sur nos corpus et nos pratiques, nous publions des textes qui se veulent le reflet de ce processus d’écoute spécifique à la psychanalyse. 


Au pays de l’enfance

Tout compte fait … Après avoir pensé que ce blog était arrivé à son terme, l’actualité politique nécessite un espace de liberté utile et salvateur.

L’impensable pour notre génération des années 80 est sur le point d’arriver. L’extrême droite risque de prendre le pouvoir par les urnes… la détestation du président Macron, sa surdité à la détresse populaire, l’effondrement de la gauche, l’absence de grands penseurs, auront des conséquences néfastes. Dans nos cabinets, la peur se fait entendre. Nous assistons impuissants à la prise de pouvoir des tenants de la régression sociale, humaine, l’absence totale de la prise en compte de l’urgence climatique.

Les votants du RN sont pour beaucoup des nostalgiques du « pays de leur enfance », ce que des radios trottoirs font entendre : « c’était mieux avant ; c’était mieux quand j’étais plus jeune, il y avait une autorité, du respect… » Ceux que l’on entend ainsi n’ont pas 80 ans mais plutôt 50 ou peut-être 60 ans. Quand ils avaient 20 ans, nous étions en 1980 ou 1990. C’est-à-dire avant les différents chocs de civilisation : l’effondrement des tours jumelles, l’accélération de la mondialisation économies, l’avènement du capitalisme ultra libéral, l’arrivée du numérique et des réseaux sociaux…

Ambivalence

Les révélations  de situations d’emprise, d’abus sexuels, de viols, vécus pendant l’adolescence, que font aujourd’hui de nombreuses femmes, nous interrogent. Elles interrogent le et la psychanalyste sur l’ambivalence des désirs et des sentiments qui se manifeste à l’adolescence.

A quoi rêvaient ces jeunes filles lorsqu’elles se sont laissées prendre aux pièges tendus par des hommes beaucoup plus âgés qu’elles ? Des hommes qui ne se sont pas empêchés de jouer avec leurs rêves, leurs fragilités, l’ambivalence de leurs désirs, pour satisfaire à leur propre jouissance. Etre le pygmalion et jouir d’être un initiateur, un artisan de la transformation d’une jeune fille en femme, voilà qui les grisait dans leur toute-puissance et … leur perversité. Certaines s’y sont laissées prendre, d’autres non.

Pour celles qui ont repoussé les avances de ces hommes, on peut faire l’hypothèse qu’une barrière solide s’est interposée entre elles et leur prédateurs. Dans les récits que l’on écoute, ou que l’on lit, on entend universellement le malaise. La situation de l’adulte qui séduit une (ou un) adolescent(e) est toujours vécue comme bizarre, inquiétante, quelque chose cloche tant du côté du comportement de l’adulte que de celui de l’enfant. La jeune fille, le jeune homme, sont troublés par des émotions, des sentiments dont la nature leur échappe. Il faut s’en méfier en même temps qu’ils les attirent. Ce qui crée le malaise, c’est la reconnaissance, intériorisée, de la nature illicite de la situation, dont le caractère est incestueux.

Ordre patriarcal

Le mouvement #metoo nous intéresse en tant que psychanalystes puisqu’il permet la libération de la parole des femmes concernant toutes les agressions de type sexuel ou autre type d’agressions de type sexistes.  Nous pouvons penser que ces paroles ont été accueillies dans nos cabinets auparavant, ou concomitamment, sans les rendre publiques.

Que ce passe-t-il dans nos cabinets ? Pouvons-nous penser que la cure analytique n’a pour visée pour certains qu’une meilleure adaptation au monde qui nous entoure ? En d’autres termes, permettre que les femmes en souffrance s’adaptent et acceptent la domination des hommes sans trop faire de vagues. Depuis le début de ce mouvement, on s’aperçoit que ce qui était « acceptable » ne l’est plus, du tout.

Si on lit attentivement Freud ou Lacan, il ne peut plus nous échapper que la femme est mise au rang d’objet d’échanges entre hommes, de sujet devant accepter de se soumettre à être l’objet du désir des hommes. Objet toujours. Chez Freud c’est patent. Chez Lacan, c’est plus subtil… il admet que la femme n’est pas entièrement concernée par l’ordre symbolique patriarcal mais elle y échapperait par une jouissance quasi mystique dont elle ne pourrait rien dire… et voilà le tour est joué… passez mesdames vous n’avez plus le langage pour dire.

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Avis aux lecteurs

Par éthique, nous ne répondrons pas, par le biais de ce blog, aux questions touchant à des problématiques personnelles.